Chers vous,
Vous avez remarqué, le contenu de nos conversations suit étrangement le rythme des saisons et des évenements qui rythment nos vie professionnelles et
sociales.
Au printemps, alors que l'on voit s'allonger de nouveau les journées dans un rythme inversement proportionnel au raccourcissement des jupes des filles,
on discute des vacances. En été on s'inquiète de la pluie en Bretagne et du taux de pollution à l'huile solaire de la méditerranée, en automne de la chute des feuilles et des jolies couleurs
rouge-cramoisie dont se parent nos forets (bon ok, j'admet que c'est uniquement dans les clubs de poésie) et en hivers c'est la chute de la neige en montagne et la chute de tension liées aux
grippes et autres gastros qui animent la salle de la machine à café.
La presse magazine pratique d'ailleurs fort bien la saisonnalité des sujets. Ils écrivent sur la perte de poids et les traitements de la cellulite en
juin, sur les impôts et la grogne sociale en septembre. Ils se transforment immuablement en vitrine publicitaire pour les produits de leurs chers annonceurs en novembre et décembre
et recopient leurs articles de l'année précédente sur les examens de nos cheres têtes blondes au printemps. L'année prochaine, c'est décidé, pour payer mes abonnements presse, je renverrais la
photocopie de mon chèque de l'année précédente. En y reflechissant, je pense faire de même pour payer la redevance télé tant le nombre de redifusion est important...
Ce matin, à peine arrivé avec mon retard conventionnel du 1/4 d'heure, je m'appretais à investir mon endroit préféré de la société ; la salle café... Et la
j'ai été rattrappé par la conversation "In" du moment : "Et toi Esteban, quelles sont tes bonnes résolutions pour 2008 ?"
J'ai vu alors une dizaine de paires d'yeux se porter sur ma personne attendant impatiement une réponse qui se doit brillante pour impressionner les collègues...
Dans ce court moment de solitude que l'on fait passer pour un temps de reflexion, on se demande ce que l'on a fait pour mériter au saut du lit une telle question. Et surtout ce que l'on va
bien pouvoir répondre lorsque l'on a pas comme moi, réflechis le moins du monde au sujet.
Entre les résolutions personnelles que l'on peut prendre et que l'on a surtout pas envie de réveler aux autres (en tout cas à ceux du bureau) et les résolutions professionnelles qui sont ,me
concernant, totalement inavouables sous peine de me faire instantanément griller sur mes nombreux défauts de cadre commercial (paresseux, inorganisé, pipoteur et j'en passe...), je me
trouvais bien ennuyé à l'heure de donner une quelconque réponse à cette assemblée.
Et puis d'abord, pourquoi devrait n'avoir que des "bonnes" résolutions ? Pourquoi ne pourrions nous pas nous laisser aller à de "mauvaises" résolutions...
Ce serait beaucoup plus jouissif vous ne croyez pas de pouvoir penser ;
- Cette année, j'ai décidé de ne plus être souriant avec les clients désagréables,
- D'arreter de faire mine de m'interesser aux problemes des uns et des autres quand je ne les apprécie pas plus que cela,
- De ne plus compatir aux soucis de mon chef avec sa direction qui lui en demande toujours plus puisque par effet ricochet il m'en demandera lui aussi encore plus,
- De me garer n'importe ou sur le parking et de préférence sur la place des chefs (plus proches de l'entrée...),
- D'arriver (encore) plus tard et surtout de partir beaucoup plus tôt,
- D'écrire beaucoup plus souvent dans mon blog au cours de la journé de travail,
-...
J'en étais encore à ces reflexions lorsqu'enfin une inspiration m'a opportunément traversé l'esprit. L'idée même de la bonne résolution que je suis sur
de pouvoir tenir. J'ai alors pris mon temps, inspiré un grand coup et leur ai annoncé sans même sourciller :
Cette année, c'est sur... j'ai décidé d'arreter de fumer... au restaurant...

